mardi 13 octobre 2009

L'enveloppe (2/4)

Je ne sais plus vraiment comment j'avais réussi à rejoindre mon refuge cette nuit là.
J'avais dû traîner ma carcasse meurtrie dans les rues froides de la ville endormie. Des passants attardés avaient sans doute croisé une silhouette fantomatique. J'avais certainement divagué en mode automatique, indigne, le regard vissé au trottoir, rasant les murs, perdant l'équilibre, enlaçant des lampadaires distraits, narguant le caniveau d'assez près jusqu'à embrasser goulûment quelques bouches d'égouts aguicheuses.
Comme par enchantement, je m'étais retrouvé devant la porte de mon appartement.
Contrairement à Louise, mon lit, lui, ne s'était pas dérobé quand il avait vu apparaître mon corps affaibli. Au moment où mes forces m'abandonnaient pour de bon, il m'avait délicatement recueilli. J'avais directement sombré dans les bras de Morphée, comme si l'édredon douillet avait absorbé le moindre de mes souvenirs.
Puis j'avais dormi d'un sommeil agité. J'avais eu chaud et les vêtement que je n'avais pas pris le temps de retirer, entravaient mes mouvements. Mes membres s'étaient empêtrés dans les tissus de ma literie. Mon estomac nauséeux avait maudit mes excès d'alcool. Régulièrement ma bouche desséchée avait réclamé de l'eau et ma tête avait supplié l'étau qui la comprimait de desserrer son étreinte.
Ma nuit fut jalonnée de rêves torturés dans lesquels Louise incarnait le personnage central. Elle faisait preuve à mon égard d'une éprouvante cruauté.

Je me souviens d'une scène où elle apparaissait devant moi, lascive, vêtue d'une tenue raffinée mais pour le moins suggestive. Je me tenais assis sur une chaise inconfortable au beau milieu d'un pièce dénudée elle aussi. Elle me tournait autour dans une sorte de danse envoûtante, voluptueuse et hypnotique. J'étais incapable de la lâcher des yeux tant elle était désirable. Elle semblait si proche et pourtant inaccessible. Alors que mon corps entier et mes mains se tendaient pour tenter d'effleurer son corps parfait, elle m'interdisait ce plaisir d'un violent coup de badine sur les avant bras. Je me recroquevillai de douleur. Elle me jaugeait alors d'un air sévère et dédaigneux avant de me tourner le dos et de disparaître dans son mystère, m'offrant en spectacle le délicieux balancement de ses hanches et la sublime courbe de ses fesses.
Plusieurs fois je m'étais réveillé en sursaut, les poings serrés, dégoulinant de sueur, assoiffé, avant de sombrer vers d'autres supplices frustrants que la belle m'infligeait.
Tard dans la matinée une envie pressante me tira de mes songes malsains. Je m'arrachai de mon lit et je me traînai jusqu'aux toilettes où je me soulageai abondamment.
Alors que j'engloutissais une demi bouteille d'eau fraîche pour étancher ma soif et avaler un Doliprane 1000 dans la cuisine, j'entendis du bruit derrière la porte d'entrée. Aussitôt le tintement de la sonnette carillonna dans le silence environnant.
Je restai immobile et silencieux, ne donnant aucun signe de vie. Je n'attendais personne.
Je portais toujours mes habits de la veille qui, comme moi, n'étaient plus d'une grande fraîcheur. Aussi hésitai-je à ouvrir ma porte. Je me décidai finalement à zieuter en douce le visiteur surprise par le judas. Alors que j'approchais mon visage de la porte, une odeur fétide m'agressa soudain les narines. Il me fallut quelques instants pour me rendre à l'évidence que mon haleine n'avait rien à envier à celle d'un cheval malade. Je retins donc mon souffle et j'écarquillai les yeux pour voir qui me rendait visite.
A mon grand étonnement, la lumière du palier éclairait un petit chien apeuré assis sur ses pattes arrières. Je me frottai les yeux pour me les remettre en face des trous et regardai à nouveau par l'œilleton. Le noir complet avait repris possession des lieux. Saloperie de minuterie!
Sans plus réfléchir je décidai d'ouvrir la porte. Le chien avait disparu.
Une enveloppe m'attendait sur le paillasson. Dans l'air flottait un doux parfum qui ne m'était pas inconnu...

14 commentaires:

Dame Sco' a dit…

Voilà qui donne envie de lire la suite, c'est très bien écrit ta petite histoire.

charlemagnet a dit…

ah cette Louise alors.... que d'émois....

Solveig a dit…

Bon, je suis tout bien, j'aime la photo, l'ambiance et la façon de laisser l'édredon absorber tes souvenirs, c'est très joliment dit...et puis l'art du suspens en plus, c'est qui dans l'enveloppe? hein? c'est qui?

Nhã a dit…

Euh si je peux me permettre une remarque... "Morphé" est un homme donc pas de "e" à la fin :p

Bon ok je sors...

Mr SuperOlive a dit…

@ Dame Sco' : Merci, je crois bien que moi aussi je me prends au jeu! à bientôt

@ Charlemagnet : Il semblerait que la belle ait du caractère et fasse tourner la tête de notre ami!

@ Solveig : Merci de ce gentil mot. Pour la suite il va falloir patienter un peu!!

@ Nha : ben t'es archi-sûre parce que bon le Dico et toi vous n'êtes pas d'accord... Enfin ,on s'en fout un peu non?

Merci de vos petits mots forts sympathiques.I'll be back!

Nhã a dit…

Ben il me semble oui sinon Wiki il dit que des conneries !!!

Mais tu as raison on s'en fout LOL

Nhã a dit…

Bon après une petit vérification Morphée s'écrit bien avec un "e" mais c'est un garçon.

Tu avais raison Olive :p

Pas tapé !!!

Dame Sco' a dit…

Elle est trop marrante ta nouvelle bannière, j'aime bien.
Bonne semaine à toi.

Jeanne a dit…

Les parfums sont envoutants
j'en sais quelquechose
Joli billet , à quand la suite ?

Mr SuperOlive a dit…

@ Nha : Une vraie histoire à dormir debout ce truc! à plus!

@ Dame Sco' : Heureux qu'elle te plaise. C'est made by "Colors Of Poulili". Le lien est en dessous de la bannière, vas-y c'est classe!

@ Jeanne : Hello très chère, je travaille à une suite mais cela me prends du temps. Je n'ai pas ton rythme!! au plaisir de te relire par ici

Dame Sco' a dit…

Merci pour le lien, j'irai voir ça.
Au fait, je te vois souvent passer sur mon blog mais tu ne laisses pas de com', t'en penses quoi de ma petite histoire ?? Trop timide, ça m'étonnerait de toi ...
Bonne journée.

christèle a dit…

hum... très attirant tout ça, je vois que tu te laisse prendre au jeu

The Célinette a dit…

Ca faisait longtemps que je n'étais pas passé par ici. Je n'avais pas le souvenir de tels récits.

Joli surprise !

Mr SuperOlive a dit…

@ Dame Sco' : J'aime beaucoup ton histoire et il faut croire que je suis timide alors!! à bientôt chez toi

@ Christèle : Exact, mais le jeu en vaut-il la chandelle??? THAT IS THE QUESTION

@ The Célinette : Je suis en phase de recyclage!! content que cela te plaise!

Merci à toutes et tous pour vos petits mots sympathiques et à bientôt pour la suite