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lundi 18 janvier 2010

Intermède culinaire : Les endives au jambon ou l'ôde au chicon

Ma mère est une excellente cuisinière. Je sais, tous les fils disent ça de leur mère, mais la mienne a réellement du talent. Il faudra un jour que je rende hommage à son savoir faire.
Certaines recettes sont notées sur des fiches manuscrites, toutes les autres sont dans sa tête. Elle partage volontiers ses secrets et quand on lui demande comment faire, elle répond : "C'est facile, il n'y a qu'à...". Et c'est parti pour trois plombes!
Quand elle cuisine, elle a un indicateur de qualité plutôt inquiétant pour ceux qui ne la connaissent pas. Plus elle dit que c'est raté, meilleure est la recette.
Il y a toutefois un plat qu'elle n'aura pas réussi à me faire apprécier : Les endives au jambon. Sans doute réussissait-elle la recette à la perfection!!

Chaque fois c'est le même piège! On se laisse avoir par le magnifique doré du gruyère gratiné qui crépite à la sortie du four. Sous cet appétissant napage, on ne distingue pas encore le teint gris verdâtre du chicon cuit, et on se précipite... Mais à peine la première bouchée avalée, c'est l'horreur. Un choc à vous couper la chique! Un autre indice infaillible devrait nous alerter : l'endive rend de l'eau qui vient tapisser le fond de l'assiette dès qu'on la découpe. On est bien d'accord, ce n'est pas du jus, c'est de la flotte! Je ne sais pas vous, mais moi, je ne supporte pas de manger dans un verre d'eau!
J'ai encore le souvenir précis de cette amertume traînant sans fin dans mon palais, malgré les verres d'eau engloutis après chaque bouchée pour atténuer ce goût désagréable.
Un vrai  plat d'anglais!  Il est vrai que nos amis d'outre manche partagent avec les endives quelques similitudes. D'abord la même blancheur suspecte. Ensuite, ils sont toujours un peu raides et guindés par temps frais et se ramollissent dangereusement et perdent de leur tenue avec la chaleur...
J'arrête là cette mauvaise blague et je conclus d'un seul message personnel dédié au chicon belge : "Endive cuite je te conchie!"


Ps et message aux producteurs d'endives énervés : j'aime les endives crues!

dimanche 30 novembre 2008

Soirée crêpes

Quand tu es breton, il y a toujours un moment où te prend une envie subite de manger des crêpes.
Quand tu es breton, malin et que tu as une famille nombreuse et qu'en plus c'est la crise (!), il est judicieux d'apprendre à faire les crêpes toi-même.
Pour nous c'était hier soir!
Attention qu'on se comprenne bien, quand je dis faire des crêpes, c'est les fabriquer de A à Z, pas juste les faire réchauffer dans une vulgaire poêle Tefal.

Etape numéro 1 : Emprunter un bilig. Rien à voir avec les chatouilles mes amis, c'est le nom breton donné à la plaque de fonte ronde sur laquelle on étale la pâte pour la faire cuire. Merci maman !
Etape numéro 2 : Dégotter une recette de pâte chez une des grands mères autochtone encore en vie et qui sera prête à transmettre un peu de son savoir faire "ancestral". Une recette pour la pâte blé noir (sarrasin) et une autre pour celle au froment. Merci la mère Denis ! (private joke)
Etape numéro 3 : Se familiariser avec le matériel du crêpier. La rozell (sorte de râteau d'extra terrestre sans dent pour étaler la pâte sur la bilig en décrivant un cercle), la spatule "truc much" pour retourner la crêpe et la louche de la bonne contenance. J'allais oublier la bouteille de cidre brut à consommer avec modération sous peine de tourista bretonne... Les spécialistes le savent : impossible d'abuser de la pomme sans récolter quelques pépins (oh oh oh!).

Après il faut se lancer...
La louche remplie de pâte dans une main tremblante, dans l'autre la rozell, le tout au dessus de la plaque qui chauffe les joues. C'est fou ce qu'on se sent maladroit avec tout ça dans les mains au début, comme l'impression d'avoir deux mains gauches.
Allez hop c'est parti ! Et voilà ce que le premier essai a donné!

Inutile de vous dire qu'on s'est bien marré, enfin au début. Les tentatives peu concluantes ayant en effet duré un certain temps, nous avons à un moment envisagé un repli stratégique au Mac Quick local ! Quand tes crêpes ressemblent plus à des pâtés gluants qu'à de délicates et fines dentelles, tu commences à douter des tes capacités de "crêpeman". Ensuite, alors que tu pensais avoir fait le plus dur en réussissant à étaler la pâte de manière à faire une jolie crêpe ronde (au début, tes crêpes forment des figures que même les experts en géométrie ignorent), c'est en la retournant avec la spatule (en te brûlant malgré tout les doigts) que la crêpe t'échappe se coupant en deux pour venir s'écraser et se coller sur la bilig en un amas peu ragoûtant. Et merde! Et oui le breton jure parfois comme un charretier.
Au final, comme le breton est têtu et qu'en plus il est gourmand, voici le résultat obtenu après avoir foiré quelques louchées !
Une couleur magnifique un goût délicieux et ce malgré une technique peu académique!

Nous nous sommes régalés et le père Noël devrait nous apporter une bilig Krampouz bien de chez nous !
A nous les soirées conviviales en famille et entre amis.
Dès que j'aurais affiné mon style, j'espère bien pouvoir faire déguster ces crêpes délicates à quelques-uns de mes amis des Côtes d'Armor ou d'Ille et Vilaine. Chez eux les crêpes sont plus épaisses et s'appellent des "galettes". Rien à voir avec leur fort penchant pour l'alcool et les déboires qui s'en suivent... mais un truc de bourrin tout de même!
Depuis le bout du monde ou presque, je colle une bise à tous mes amis bretons !